Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
Secrétariat d’Etat à l’Industrie
Conseil Général des Mines
Tutelle des Ecoles des Mines

 
 

Conseil d’évaluation scientifique
des Ecoles des Mines
 
 
RAPPORT D’AUDIT
SUR LA RECHERCHE DANS LE DOMAINE
DES TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION
ET DE LA COMMUNICATION
 
 
 

Rapport rédigé sous la direction de :
    MM. Jacques LESOURNE et Pierre BERNHARD

Membres du groupe d’audit :
    M. Dominique DESJEUX
    M. Jean-Claude NARCONTI
    M. Jean-Marc PITIÉ
    M. André VACROUX

Secrétariat
    M. Patrick GARNIER
    M. Dominique KREMMER

                                                                                                                       novembre 1998

 

 
Sommaire
 

1. - Le Conseil d’évaluation scientifique

2.- L’audit sur les recherches dans le domaine des technologies de l’information et de la communication : introduction

 3. - Ecole des mines d’Alès

. présentation générale
. les T.I.C. à l'Ecole des mines d'Alès
. analyse des auditeurs
4. - Ecole des mines de Douai . présentation générale
. les T.I.C. à l'Ecole des mines d'Alès
. analyse des auditeurs
5. - Ecole des mines de Nancy . présentation générale
. les T.I.C. à l'Ecole des mines d'Alès
. analyse des auditeurs
6. - Ecole des mines de Nantes . présentation générale
. les T.I.C. à l'Ecole des mines d'Alès
. analyse des auditeurs
7. - Ecole des mines de Paris . présentation générale
. les T.I.C. à l'Ecole des mines d'Alès
. analyse des auditeurs
8. - Ecole des mines de Saint-Etienne . présentation générale
. les T.I.C. à l'Ecole des mines d'Alès
. analyse des auditeurs
9. - Conclusions et recommandations

Annexes

- annexe I-1 - quelques chiffres sur les T.I.C. dans les Ecoles des Mines
- annexe I-2 - principales relations extérieures
- annexe I-3 - relations entre Ecoles des Mines
- annexe I-4 - formation initiale et formations spécialisées
- annexe II - départements et laboratoires auditionnés par le groupe d’audit
- annexe III - principaux sigles et acronymes utilisés dans le rapport

 

 

1. - Le Conseil d’évaluation scientifique des Ecoles des Mines

L'arrêté du 11 mars 1985 portant création du Conseil d’évaluation scientifique des Ecoles des Mines précise que le Conseil a pour mission "d'examiner l'avancement des travaux de recherche menés dans les laboratoires des Ecoles des Mines" et "d'émettre des recommandations sur l'orientation de la recherche dans ces établissements." Le Conseil exerce un rôle de validation des programmes de recherche établis par les écoles ; cette évaluation porte sur des thèmes verticaux (audits de cohérence d'une école) ou transverses (audits sur un domaine de recherche partagé entre les écoles).

Présidé par Edouard BREZIN, Président du Conseil d’administration du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), le Conseil d’évaluation scientifique des Ecoles des Mines a vu sa composition renouvelée en décembre 1995.

Lors de sa réunion plénière du 7 mai 1996, sur proposition d’Edouard BREZIN, le Conseil a validé la méthode de travail par audits au sein des établissements et défini les thèmes des premiers audits qui concernent d'une part l'ensemble des activités de recherche menées à l'Ecole des mines de Nantes et, d'autre part, le thème scientifique du Génie des Procédés au sein des écoles.

L’audit sur la recherche à l’Ecole des mines de Nantes s’est déroulé les 14-15 octobre 1996 et 5 novembre 1996 sous la conduite de M. BREZIN ; le rapport d’audit a été présenté et validé par le Conseil dans sa séance du 10 décembre 1996.

Le Professeur Jean-Claude CHARPENTIER, Directeur de l’Ecole Supérieure de Chimie, Physique, Electronique de Lyon (CPE Lyon), ancien Directeur du Département Sciences Pour l’Ingénieur (SPI) du CNRS et ancien Directeur de l’Ecole Nationale Supérieure des Industries Chimiques (Nancy), a piloté l’audit sur la recherche en Génie des Procédés entre avril et octobre 1997 ; le rapport final a été présenté le 15 janvier 1998 en séance plénière du Conseil.

Au cours de cette séance a été choisie pour thème du dernier audit du mandat du Conseil d’évaluation scientifique l’activité de recherche dans le domaine des (nouvelles) technologies de l’information et de la communication.

Le groupe d’audit piloté par M. Jacques LESOURNE, Professeur au Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM) et copiloté par M. Pierre BERNHARD, Professeur à l’Ecole Supérieure en Sciences Informatiques (ESSI), tous deux membres du Conseil d’évaluation scientifique, a réuni les personnalités suivantes : un membre du Conseil, M. André VACROUX, Doyen de la School of Engineering of the Southern Methodist University (Dallas, Etats-Unis), et trois experts extérieurs au Conseil, MM. Dominique DESJEUX, Professeur à l’Université Paris-Sorbonne, Jean-Claude NARCONTI, Directeur général adjoint de la société STERIA et Jean-Marc PITIÉ, Directeur Recherche et Développement du Département Techniques Logicielles au Centre National d’Etudes des Télécommunications (CNET).

A l’instar des audits précédents, le principe de visites sur le terrain, au plus près des chercheurs et des laboratoires a été confirmé ; celles-ci se sont déroulées le 19 mai 1998 à Alès, le 12 juin à Douai et à Saint-Etienne, le 16 juin à Nancy, le 16 septembre à Nantes, les 17, 18 et 21 septembre à Paris (respectivement sur les sites de Paris, Fontainebleau et Sophia Antipolis).

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2. - L’audit sur les recherches dans le domaine des technologies de l’information et de la communication : introduction

D’emblée, le groupe tient à souligner l’importance que les écoles doivent attacher à ces nouvelles technologies de l’information et de la communication qui constitueront le cœur des technologies de demain et contribueront à transformer nos sociétés en profondeur en modifiant non seulement le contenu des productions mais aussi les institutions, la nature des groupes sociaux et les modes de vie. De la réussite de l’enseignement et de la recherche dans ce domaine dépend donc largement à terme la bonne insertion des Ecoles des Mines dans la société de demain et donc leur pérennité à terme.

Ces technologies mettent en jeu de manière presque inextricable recherche fondamentale, recherche appliquée, développement, applications. Ainsi, les travaux informatiques sur les langages vont bien au-delà de la simple utilisation de connaissances déjà en germe dans la science. En d’autres termes, s’il est relativement facile de qualifier un projet déterminé, il est beaucoup plus arbitraire de le faire pour des programmes diversifiés. Le groupe d’audit a donc adopté à ce sujet une attitude ouverte et sans préjugés.

En accord avec MM. LESOURNE et BERNHARD, le courrier adressé aux directeurs des écoles pour définir le périmètre de l’audit proposait une liste (non exhaustive) de secteurs de recherche : informatique, automatique, robotique, calcul scientifique, technologies du multimédia, systèmes d’information, télécommunications, réseaux, électronique, traitement du signal (sons, images, etc.), etc. Sur cette base, chacune des écoles était invitée à déterminer les centres, départements ou laboratoires relevant, selon elle, de ces domaines, le groupe d’audit se réservant la possibilité (à la lecture, en particulier des rapports d’activité recherche des écoles) de demander l’audition d’une entité initialement non prévue. L’Ecole des mines d’Albi-Carmaux a fait savoir que les activités de recherche menées dans ses laboratoires ne relevaient pas du présent audit.

L’annexe I du rapport donne la liste et les coordonnées des laboratoires visités par le groupe d’audit.

Les technologies auditées ne sont, pour nombre d’entre elles, pas si "nouvelles" que le sigle NTIC veut bien le dire. Exemple : un centre de l’Ecole des mines de Paris a fait le point sur la poursuite d’intéressants travaux de recherche dont les premiers résultats avaient fait l’objet d’une présentation lors de l’audit du Conseil d’évaluation scientifique sur l’informatique, en mars 1988.

Certes, ces technologies ont considérablement évolué, l’arrivée des techniques numériques (en particulier dans les réseaux) n’étant pas la moindre, conduisant à la convergence entre trois univers longtemps distincts : l'informatique, les télécommunications et l'audiovisuel. Cependant, comme le fait remarquer le directeur de l’Ecole des mines d’Alès, ce sont les usages de ces technologies de l’information et de la communication (T.I.C.) qui sont nouveaux et porteurs de transformations profondes : prolifération de l'information, nouveaux modes d'accès au savoir, raccourcissement du temps et des distances, effacement des frontières, mondialisation accélérée, fragilisation des hiérarchies, etc.

A l’occasion des visites dans les écoles, le groupe a noté la grande diversité des thèmes de recherche abordés par les Ecoles des Mines dans le champ des technologies de l’information et de la communication et a eu la confirmation - si cela était encore nécessaire - que l’informatique et toutes les technologies gravitant autour d’elle constituent un pôle important des sciences de l’ingénieur. L’informatique n’est plus seulement un outil de gestion pour les entreprises ; mais qui en doutait encore ? Pour autant, si les technologies de l’information et de la communication font partie intégrante des sciences les travaux présentés par les équipes de recherche des écoles ne relèvent pas du pur académisme et sont tous menés, à des degrés divers, dans le cadre de collaborations industrielles ou en partenariat avec d’autres centres de recherche, très souvent dans un cadre international.

Si le groupe d’audit a remarqué avec satisfaction l’ancrage dans le monde économique de ces recherches (c’est une constante dans les Ecoles des Mines), cette remarque vaut autant pour les travaux à caractère scientifique et technique que pour les études dans le domaine économique et social.

Enfin, bien que l’arrêté fondateur du Conseil d’évaluation scientifique aurait dû conduire le groupe d’audit à ne s’intéresser qu’aux seules activités de recherche, celui-ci s’est autorisé à questionner les responsables des écoles et des laboratoires sur leur contribution à l’enseignement des T.I.C. (formation initiale, formation continue, formation par la recherche). La double fonction de chercheur et d'enseignant qu’assument, selon une répartition variable, la plupart des personnels rencontrés dans les Ecoles des Mines, le volume important d’activité que représente l’enseignement pour certains centres ou départements (en particulier, ceux qui pilotent des options), le développement des technologies à base de multimédia dans le domaine de la formation constituent autant de raisons qui ont conduit le groupe à ne pas se cantonner à la sphère des activités de recherche.

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3-1.- Présentation générale de l’Ecole des mines d’Alès

L'Ecole des mines d’Alès forme des ingénieurs pluridisciplinaires pour l'industrie : pour cela, elle recrute chaque année 130 élèves par les concours communs des ENSTIM, 15 élèves sur titres (en deuxième et en troisième année) et 15 élèves dans un cycle d'ingénieur en formation continue diplômante. Elle délivre environ 140 diplômes d’ingénieur par an et doit passer progressivement à 170. L'Ecole des mines d’Alès offre aussi des formations spécialisées : mastères dans le domaine de la sécurité industrielle et de l’environnement et dans celui des technologies de l’information et de la communication ; en collaboration avec le cycle d'études supérieures des matières premières (CESMAT), elle organise un cycle d'études supérieures pour la sécurité et de l'environnement minier (CESSEM) à destination de stagiaires étrangers.

L’enseignement, structuré en modules trimestriels, permet d’organiser les échanges d’étudiants européens dans le cadre des programmes Erasmus-ECTS.

En 1997, une nouvelle formation de spécialisation dans le domaine de l’information et de la communication numériques a été créée sur le site de Nîmes, l’Institut EERIE, qui prépare un diplôme d’ingénieur de spécialisation en un an (pour des ingénieurs déjà diplômés) ou en deux ans pour des élèves recruter à bac+4.

L’Ecole des mines d’Alès est très marquée "culture d’entreprendre" avec un service dynamique d’aide à la création d’entreprise et d’animation technologique pour former et accompagner de jeunes diplômés dans la création d’entreprises (pépinière).

Pour la recherche, l'Ecole des mines d’Alès est structurée en six laboratoires représentant au total un potentiel de 160 personnes, dont 70 enseignants-chercheurs. L'Ecole a une activité contractuelle à hauteur de 10 millions de francs pour une trentaine de conventions passées avec l'industrie. Laboratoire d'accueil pour 8 DEA et pour les formations doctorales associées, elle accueille environ 80 élèves-chercheurs, en DEA ou en thèse ; en 1997, 12 thèses préparées dans ses laboratoires ont été soutenues.

3-2.- Les T.I.C. à l’Ecole des mines d’Alès

Le développement des activités de recherche et d’enseignement dans le domaine des technologies de l’information et de la communication à l’Ecole des mines d’Alès est né du partenariat que cette dernière a engagé dès 1990 avec l’Ecole pour les Etudes et la Recherche en Informatique et Electronique (EERIE) à Nîmes et qui s’est concrétisé par la création d’un laboratoire commun, le Laboratoire de Génie Informatique et Ingénierie de Production (LGI2P), puis par la mise en place depuis le 1er septembre 1998, d’un établissement unique, l’Ecole des mines d’Alès, doté d’un site à Alès et d’un site à Nîmes.

C’est donc au LGI2P installé à Nîmes que se déploie l’activité de recherche et d’enseignement dans le domaine des T.I.C. de l’Ecole des mines d’Alès. Le LGI2P a pour objectif la maîtrise des systèmes techniques complexes dont l’étude passe par le développement de modèles et de méthodes et par la validation de ceux-ci.

Le laboratoire est organisé en sept équipes (modélisation par objet, contraintes et intelligence artificielle, multimédia et interfaces homme-machine adaptatives, vision par ordinateur, systèmes non-linéaires et incertains, modélisation et validation des systèmes à événements discrets, réseaux de neurones et auto-organisation) dont les domaines d’application privilégiés sont les suivants :

- les réseaux de télécommunications.

- les systèmes de production.

- les systèmes d’information.

- les systèmes de bases de données.

- les systèmes multimédia.

- les systèmes de vision.

Les projets de recherche du LGI2P, en fonction de leur volume et des études à mener, peuvent requérir la collaboration de plusieurs équipes du laboratoire. Le montant des ressources contractuelles qui s’élevait à 1 500 kF en 1995 est passé à 4 150 kF (en 1997) pour atteindre 4 100 kF à la fin mai 1998.

Les principaux projets européens dans lesquels le LGI2P est engagé sont les suivants :

- SYRECOS (Système d’Echange de Compétences et de Services) : ce projet du programme TAP (Telematics Application Programme) vise à organiser et à facilité le transfert de compétences et de savoir-faire entre les acteurs économiques et sociaux d’une région, grâce à l’utilisation des technologies de la communication. Ce projet associe des centres de recherche belge et luxembourgeois, ainsi que le multipôle technologique régional de Montpellier et l’IDATE.

- QUETA (Quality Engineering Tools for assembly and Small Batches Manufacturing) : l’objectif de ce projet du programme ESPRIT est de concevoir et de développer de nouvelles approches permettant d’identifier et de prédire les composants et procédés critiques dans l’industrie automobile ou spatiale et de générer des plans d’action optimaux afin d’assurer ou d’améliorer les paramètres ou caractéristiques critiques. Parmi les partenaires de ce projet figurent Saab (Suède), Mercedes Benz et Volkswagen (Allemagne), Bosch, IBM France, l’Université de Patras.

- ARNO (Algorithms for Radio Network Optimization) : il s’agit également d’un programme ESPRIT qui associe le CNET, GMD, la société Ectia, l’Université de Cardiff et dont l’objectif est le développement de méthodes heuristiques pour des problèmes d’optimisation (positionnement d’antennes, affectation de fréquences, etc.) liés à l’ingénierie de réseaux de télécommunications cellulaires de grandes tailles.

Le LGI2P mène également des recherches contractuelles pour des entreprises ou organismes français ; exemples : - France Télécom/CCETT : visite virtuelle d’un environnement 3D semi-structuré.

- Actimédia : étude de faisabilité et modélisation d’un compositeur multimédia auto-adaptatif appliqué aux multimédia de formation.

- Sabate SA : étude et conception d’une méthode de tri automatique de bouchons.

- Bouygues Télécom : prédiction des risques d’impayés.

Le LGI2P apporte un soutien actif à la création d’entreprises en hébergeant, en son sein, de jeunes diplômés porteurs de projets d’activités dans le domaine de compétence du laboratoire. Une aide logistique et un support technique sont fournis aux créateurs pendant la phase d’incubation. Une dizaine de futures entreprises sont en permanence hébergées sur le site de Nîmes.

En ce qui concerne les formations doctorales, le LGI2P est équipe d’accueil pour le DEA informatique et le DEA systèmes automatiques et microélectronique (SYAM) de l’Université de Montpellier II.

En formation initiale et formation continue diplômante, le LGI2P assure les enseignements du tronc commun de l’Ecole des mines d’Alès (informatique, automatique, électronique, physique des semi-conducteurs, systèmes industriels, mesures physiques, recherche opérationnelle, régulation et asservissements) qui représentent 1 995 heures, et les enseignements de deux options (1 285 heures) : l’option automatique (ingénierie de production) et l’option reconnaissance des formes et intelligence artificielle qui ont accueilli respectivement 17 et 11 élèves en 1997-1998.

Le LGI2P accueille le mastère nouvelles technologies de l’information et de la communication (mastère NTIC) organisé en partenariat avec l’Institut Systemia d’Aix-en-Provence.

Enfin, 1997 a vu naître l’Institut EERIE, formation d’ingénieurs spécialisés en information et communication numériques habilitée par la Commission des titres d’ingénieur et qui a recruté sa première promotion de 11 élèves en septembre 1997.

En matière d’outils pour l’enseignement à base de nouvelles technologies, l’Ecole des mines d’Alès a développé un logiciel d'écriture de cours multimédia essentiellement dédié à l'enseignement : EMATECH. Son originalité réside dans sa grande facilité de mise en œuvre et son organisation particulièrement didactique. Destiné initialement à la fonction laboratoire de langue, il a maintenant de nombreuses applications : enseignement tutoré à distance, formation continue dans les entreprises, cours sur CD-ROM, etc.

3-3.- Analyse des auditeurs

1. Equipes de recherche

Le groupe d’audit a examiné le travail de sept équipes de recherche. En moyenne, le LGI2P conduit des recherches de qualité, bien adaptées à son statut de laboratoire d’une Ecole des Mines, c’est-à-dire où une production authentiquement scientifique est constamment sous-tendue par des préoccupations applicatives.

1.1 Modélisation par objets : c’est une bonne équipe s’intéressant à de vraies applications mais qui peuvent encore gagner en profondeur.

1.2 Modélisation et validation des systèmes discrets : c’est également une bonne équipe du laboratoire. Le groupe d’audit attire l’attention de ses responsables sur le fait que si publier à plusieurs est bien, toujours publier à plusieurs et toujours avec le même coauteur, peut être pénalisant pour la suite de la carrière académique d’un chercheur.

1.3 Multimédia et interfaces auto-adaptatives : cette petite équipe publie peu, mais elle produit. C’est un bon choix : EMATECH a acquis une réputation enviable qui permet à ses auteurs d’échapper aux critères académiques classiques, notamment le nombre de publications.

1.4 Intelligence artificielle et contraintes : cette équipe a fait très bonne impression au groupe d’audit. Son travail a une belle tenue scientifique et ses résultats sont de qualité. En outre, elle publie bien.

1.5 Réseaux de neurones et auto-organisation : la recherche dans le domaine des réseaux de neurones pourraient avoir plus de tonus scientifique. Quant à la recherche sur l’utilisation du chaos dans la modélisation industrielle, elle ne semble pas jouir de la rigueur de pensée et d’exposition qui conviennent à une authentique recherche scientifique.

1.6 Systèmes non linéaires et incertains : dans un domaine où la littérature contient plus souvent le pire que le meilleur, l’équipe a choisi l’approche du domaine la plus scientifique ; mais il n’est pas sûr qu’elle ait les moyens de créer le courant de pensée qui porterait cette approche. Le groupe d’audit souligne que c’est la seule équipe à travailler dans le domaine des mathématiques du continu, au sein d’un laboratoire voué au discret. Il y a là une cause d’isolement de plus à laquelle elle ne peut rien.

1.7 Vision par ordinateur : cette équipe au meilleur niveau international, doit craindre l’isolement à court terme en raison de sa petite taille et des groupes de recherche puissants qui opèrent en France dans son domaine. Le groupe d’audit conseille à cette équipe de se rapprocher de grands laboratoires (par exemple celui de l’Ecole des mines de Saint-Etienne.)

2. Projets

Le groupe d’audit dispose de peu d’information sur les projets, puisque par nature ils ne donnent guère lieu à publication, voire sont carrément confidentiels, ce qui est gênant pour la science, mais plutôt bon signe quant à l’intérêt que l’industriel y porte.

C’est une excellente idée de favoriser, ainsi que le fait le LGI2P, les actions applicatives transversales, à condition de savoir garder mesure. En effet, le caractère transversal des recherches ne peut s’obtenir qu’avec un certain degré de coercition sur les équipes, et le risque pourrait être que l’excès de volontarisme se fasse aux dépens d’une activité authentiquement scientifique. Le groupe d’audit n’a toutefois perçu aucun signe qui indiquerait qu’on en soit là.

A propos de recherches transversales, on peut se demander si c’est une bonne idée de présenter dorénavant la bibliographie du LGI2P par équipe, insistant ainsi sur la rareté des publications communes à deux d’entre elles.

3. Formation

L’activité du LGI2P dans le domaine de l’enseignement a été présentée au groupe. Les programmes, dont l’évaluation n’entre pas dans le champ de la mission d’audit, semblent classiques et de bon goût.

L’important est de constater que le laboratoire est bien impliqué dans les enseignements de formation initiale de l’école d’une part, et dans les formations de troisième cycle d’autre part. La charge d’enseignement par personne est dans la norme des laboratoires d’écoles d’ingénieurs. En fait, plutôt haute (50 % du taux universitaire) si cette charge est répartie sur les seuls personnels enseignants comme il est indiqué dans le rapport d’activité, standard si elle est partagée avec les doctorants.

4. Relations internationales

Laboratoire récemment organisé, le LGI2P manque encore de visibilité internationale. Sur les trois dernières années, le groupe d’audit a compté sept publications cosignées avec un membre du LGI2P et un chercheur d’un laboratoire étranger, et six d’entre elles (quatre avec un laboratoire du CSIRO australien et deux avec l’Université d’Ottawa) par le même chercheur dont l’excellente activité scientifique semble porter toute la visibilité internationale du laboratoire.

Il faut chercher à rompre cet isolement. Une façon de procéder pourrait consister, dans un premier temps, à inciter ses meilleurs éléments à effectuer des séjours sabbatiques dans des laboratoires étrangers bien choisis, sans doute aux Etats-Unis. Ceci permettrait ensuite d’inviter les collègues en France et pourrait contribuer à amorcer les collaborations internationales qui sont la marque la plus sûre d’un laboratoire qui a réussi.

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4-1.- Présentation générale de l’Ecole des mines de Douai

L’Ecole des mines de Douai a pour vocation la formation d’ingénieurs pluridisciplinaires pour l'industrie : pour cela, elle recrute chaque année 130 élèves par les concours communs des ENSTIM, 30 élèves sur titres en deuxième année et 30 élèves en formation continue diplômante. L'Ecole des mines de Douai délivre près de 180 diplômes d’ingénieur par an. L’Ecole des mines de Douai a également une forte activité de formation continue professionnelle pour les ingénieurs et techniciens des DRIRE et pour des cadres de l’industrie ; cette activité a représenté 44 200 heures-stagiaires en 1997.

La création d’entreprises technologiques est également au cœur des préoccupations de l’Ecole des mines de Douai qui dispose d’une pépinière accueillant des porteurs de projets susceptibles de pouvoir trouver dans l’école, outre l’appui logistique (locaux, secrétariat), des compétences techniques nécessaires à la mise au point des projets. L’école abrite également des antennes de centres techniques : Agence de la Productique (ADEPA), Centre Technique des Industries Mécaniques (CETIM), Centre Technique du Papier (CTP), Laboratoire National d’Essais (LNE), Institut de Soudure. L’année 1997 a été marquée par la mise en route, sur le site de l’école, des activités du Centre National de Recherche sur les Sites et Sols Pollués (CNRSSP).

L'Ecole des mines de Douai est structurée, pour la recherche, en 8 départements d'enseignement et de recherche représentant au total un potentiel de 170 personnes, dont 80 enseignants-chercheurs et 50 élèves-chercheurs, y compris une dizaine d'élèves en DEA. En 1997, une quinzaine de thèses de doctorat préparées à l'école ont été soutenues. L'école a une activité contractuelle dont le montant s'élève à 24 millions de francs en recherche, dont près de 35 % avec des PME-PMI, 10 % avec des grands groupes, et le reste sur fonds publics.

4-2.- Les T.I.C. à l’Ecole des mines de Douai

Le développement des activités d'enseignement et de recherche dans le domaine des technologies de l'information et de la communication concerne deux des huit départements d'enseignement et de recherche de l'Ecole, le département Informatique, et le laboratoire des Systèmes industriels distribués (SID) au sein du département Productique. Une restructuration des départements est en cours, avec un regroupement en trois thématiques : matériaux et procédés, environnement et énergie, processus et systèmes industriels. Les technologies de l'information et de la communication appartiennent à ce dernier pôle, avec la métrologie et la qualité.

Le département Informatique n'a pas d'activité de recherche. Sa mission principale concerne le bon fonctionnement et le développement de l'informatique de l'Ecole. Il a également des activités de prestations pour les services déconcentrés du ministère de l'Industrie (DRIRE) et de transfert de technologie pour les PME-PMI. Il participe activement à la formation en informatique pour les élèves ingénieurs de l'Ecole, en tronc commun et, à la prochaine rentrée, au travers de l'option ingénierie des systèmes d'information et de communication (ISIC), nouvellement créée.

Le département compte 21 personnes, dont 10 ingénieurs et 9 techniciens ou analystes. Il met en œuvre un réseau local (ATM, Ethernet) interconnectant environ 500 machines et relié à Internet via le réseau RENATER, ainsi que la téléphonie au travers de trois autocommutateurs en réseau. Pour le compte des DRIRE, le département maintient un réseau télématique national (Transpac et Numéris), et gère un service Vidéotex. Les applications pour les DRIRE portent principalement sur la gestion des visites techniques des véhicules, la gestion des aides accordées aux PME-PMI, la gestion de la procédure des installations classées.

En matière d'enseignement, le département assure, en tronc commun, 80 heures d'initiation et des cours à la carte, notamment sur les bases de données. La future option, créée à la rentrée, vise à former, en 620 heures, des ingénieurs d'étude, capables de concevoir, de réaliser, de mettre en œuvre des systèmes d'information et de communication. Les enseignements majeurs de cette nouvelle option porteront sur l'organisation des études informatiques (35 heures), la conception d'applications (180 heures), les systèmes et réseaux (135 heures), le multimédia (190 heures), et seront complétés par un projet (80 heures), le stage de 2e année, le projet de fin d'études.

Le laboratoire SID résulte de la fusion, en 1990, de deux laboratoires, l'un consacré à l'électronique, l'autre à l'automatique. Il comporte aujourd'hui 3 enseignants-chercheurs et 2 techniciens. Il met en œuvre deux axes principaux de recherche : instrumentation intelligente et réseaux de communication, informatique industrielle et véhicules intelligents.

L'instrumentation intelligente porte sur la répartition des traitements dans les systèmes complexes, la communication en réseaux entre sous-systèmes, la conception d'instruments intelligents. Il s'agit d'applications concernant les systèmes de mesure embarqués, les automatismes répartis, les réseaux urbains de communication à cartes à puce. Ces travaux sont menés en partenariat avec le laboratoire d'informatique industrielle de Lille (Université de Lille) avec des retombées industrielles (Norelec, Imprimerie Nationale, ..).

L'informatique industrielle pour des véhicules intelligents porte sur des systèmes d'exploitation multitâches en temps réel, des applicatifs, des interfaçages de capteurs hétérogènes. Il s'agit d'applications concernant la robotique mobile, les serveurs de données multimédias, de contrôles transactionnels. Ces travaux sont menés en partenariat avec l'Université de Lille, l'Université Technologique de Compiègne, le laboratoire de robotique de l'Ecole des mines de Paris., avec des retombées industrielles (Locatel, Microwawe, etc.).

4-3.- Analyse des auditeurs

L’informatique est présente à l’Ecole des mines de Douai depuis les années 1970. Cependant elle n’a été longtemps considérée que comme un élément de soutien à l’enseignement et aux besoins des directions régionales de l’industrie, de la recherche et de l’environnement (DRIRE). Ce n’est que très récemment que l’école a décidé de renforcer l’enseignement de l’informatique dans le tronc commun et de créer une option ingénierie informatique centrée sur les technologies de l’information et de la communication, ceci en réponse à la forte croissance du marché de l’emploi dans ce domaine. Cette option sera offerte aux élèves à la rentrée de septembre 1999.

Le département informatique est composé de 21 personnes dont 10 ingénieurs et 9 techniciens. Il est responsable de la gestion du système d’information et de communication de l’école et du soutien informatique des divers groupes de recherche. Le personnel du département est compétent, mais du fait de son environnement et des besoins, son activité est plus orientée vers les applications et la recherche de solutions à des problèmes quotidiens (activité de type prestations de service) que vers la recherche fondamentale ou appliquée. Les différents projets en cours sont typiques de ceux que l’on pourrait voir dans un bureau d’études, traitant de sujets importants et concrets pour l’industrie ou pour les services de l’Etat. Ils demandent de la part des personnes qui y participent des compétences scientifiques et techniques, mais ne conduisent pas nécessairement à des recherches de type académique. Les publications qui ont été présentées au groupe d’audit reflètent l’intérêt que les membres du département informatique ont pour ce type d’activité.

Les activités du laboratoire Systèmes Industriels Distribués (SID) démontrent l’intérêt que l’école suscite pour ses différents partenaires extérieurs. Un certain nombre de partenariats avec l’industrie ou avec d’autres groupes universitaires permettent au personnel d’éviter un isolement qui serait de nature à rendre rapidement obsolètes leurs compétences dans un domaine en très forte évolution.

Il n’y a aucun doute que les activités de l’école dans le domaine de l’informatique sont importantes, et qu’elles aident l’industrie, les PME-PMI, la région Nord-Pas de Calais et les DRIRE par le soutien qu’elles fournissent. Bien que ces activités ne puissent être qualifiées de recherche au sens habituel du mot, ce sont néanmoins des contributions nécessaires qui, entre autres, assurent la compétence du personnel de l’école et de ce fait l’aident à mieux assurer son autre mission: l’enseignement de l’informatique à un nombre croissant d’élèves.

Le groupe d’audit recommande à la direction de l’école de ne pas négliger les aspects sociaux et économiques des technologies de l’information et de la communication dans le programme de la future option ingénierie informatique. Il importe en effet que les futurs ingénieurs, pendant leur scolarité, se soient également interrogés sur les transformations profondes de l’économie et de la société qu’engendrent ces technologies qui touchent simultanément toutes les parties du monde et toutes les activités.

L’ouverture aux questions non techniques peut se faire sous la forme de séminaires ou de conférences animés par des personnalités extérieures que, par exemple, le milieu universitaire lillois doit receler. Un des membres du groupe d’audit a indiqué qu’il lui était possible de mettre l’Ecole des mines de Douai en contact avec des intervenants. Le groupe d’audit a noté par ailleurs que le directeur du centre de sociologie et de l’innovation de l’Ecole des mines de Paris s’est déclaré prêt à aider les Ecoles des Mines qui le souhaiteraient à mettre au point un tel enseignement.

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5-1.- Présentation générale de l’Ecole des mines de Nancy

Placée sous la tutelle du ministère chargé de l’enseignement supérieur, l’Ecole des mines de Nancy fait partie de l’Institut National Polytechnique de Lorraine (INPL) et, par l’INPL, du pôle universitaire européen de Nancy-Metz (4 universités, plus de 61 000 étudiants). Elle entretient des relations étroites en matière de formation et de recherche avec le groupe des Ecoles des Mines du ministère chargé de l’industrie.

L’Ecole des mines de Nancy a vocation à former des ingénieurs généralistes ; pour cela elle recrute ses 350 élèves sur le concours Mines-Ponts (en 1re année) et sur titre (licence en 1re année, maîtrise en 2e année). Chaque année elle délivre 130 diplômes d’ingénieur civil des mines. Elle offre aussi des formations spécialisées : DESS en valorisation des ressources du sous-sol, option exploitation, mastères spécialisés en maîtrise d'ouvrage, montage, conduite et gestion de projets immobiliers, en modernisation industrielle, reconversion et développement régional et en maîtrise des déchets. L’Ecole Doctorale (Promema : procédés, mécanique, énergie, matériaux) fédère 9 formations doctorales (DEA en cohabilitation rattachés à l’INPL, à l’Université Henri Poincaré de Nancy et à l’Université de Metz). Ces formations sont ouvertes aux étudiants de 3e année de l’école (10 à 15 %).

L’Ecole des mines de Nancy regroupe 7 laboratoires de recherche - 6 associés au CNRS, un à l’Institut National de l’Environnement Industriel et des Risques (INERIS) - représentant au total un potentiel de 500 personnes. Elle contribue à l’économie lorraine, en particulier par l’action de ses deux centres régionaux d’innovation et de transfert de technologie (CRITT).

5-2.- Les T.I.C. à l’Ecole des mines de Nancy

Les activités de recherche dans le domaine des T.I.C. à l’Ecole des mines de Nancy ont pour caractéristique de ne pas être menées intra muros mais au sein d’un établissement de recherche extérieur, commun aux trois universités nancéiennes Nancy I, Nancy II et l’Institut National Polytechnique de Lorraine (auquel est rattaché l’Ecole des mines de Nancy), à l’INRIA et au CNRS. Cet établissement, le laboratoire Lorrain de Recherche en Informatique et ses Applications (LORIA), a succédé le 1er janvier 1997 au Centre de Recherche en Informatique de Nancy (CRIN).

Les 300 personnes de cette unité mixte de recherche (UMR 7503), réparties en 18 équipes, sont rattachées aux organismes de la manière suivante :

- CNRS 32 dont 14 chercheurs, 5 doctorants, 11 ITA et 2 post-docs.

- INRIA 83 dont 20 chercheurs, 10 doctorants, 41 ITA et 12 post-docs.

- Nancy I 129 dont 35 chercheurs ou enseignants, 56 doctorants, 6 ITA et 32 post-docs.

- Nancy II 34 dont 23 chercheurs ou enseignants, 9 doctorants et 2 post-docs.

- INPL 21 dont 11 chercheurs ou enseignants, 6 doctorants, 3 ITA et 1 post-doc.

Les ressources propres (contrats et subventions régionales et européennes) des 18 équipes du LORIA s’élèvent à 8 500 kF. Le laboratoire a un portefeuille de trente contrats de recherche industriels en cours avec des entreprises ou organismes tels que : Bull, EDF, Xerox, Alcatel, Sextant Avionique, Renault, PSA, Sollac, Berger-Levrault, DGA, AUPELF, CRAI, etc.

L’Ecole des mines de Nancy - avec 4 enseignants sur les 11 de l’INPL - contribue modestement à cet ensemble. En effet, parmi les 18 équipes du LORIA, deux d’entre elles (MACSI et MODEL) accueillent des enseignants permanents de l’école ; les enseignants et chercheurs de deux autres équipes (RESEDAS et CALLIGRAMME) ont en charge des cours à l’école.

L'objectif de l'équipe Modélisation, analyse et conduite des systèmes industriels (MACSI) est la résolution de problèmes concrets issus de l'ingénierie industrielle en utilisant des modèles géométriques ou discrets, déterministes ou stochastiques. L'évaluation et l'amélioration des performances des algorithmes sont des étapes indispensables pour obtenir des programmes performants. Principaux axes de recherche :

- modélisation des systèmes industriels comprenant la modélisation en entreprise et la modélisation comportementale.

- évaluation des performances et dimensionnement des systèmes à événements discrets stochastiques : méthodes analytiques pour des systèmes particuliers et méthodes génériques d’optimisation des systèmes généraux.

- gestion de production : organisation, pilotage et ordonnancement prédictif et réactif ; étude de politiques de maintenances pour les ateliers de production.

Partenariats industriels : PSA, Société de Mécanique Automobile de l’Est, EDF, Sollac.

Relations scientifiques : INRIA, UTT, Universités d’Arizona, de Minsk (Biélorussie), de Saint-Pétersbourg (Russie), de Wroclaw (Pologne), de Southampton, de Turin, ENSAIS, Université Louis Pasteur à Strasbourg, etc.

L’équipe Méthodes formelles et techniques de construction de systèmes (MODEL) s’intéresse à la maîtrise de la qualité du logiciel. Les méthodes de spécification ou de programmation doivent assurer cette qualité, en se fondant sur des théories mathématiques ou logiques. Les objectifs de l’équipe concernent l'étude de méthodes et de formalismes pour la spécification, le raffinement et le développement de programmes ou de systèmes et l'application de ces techniques à des domaines comme le parallélisme, les systèmes distribués, les télécommunications, les systèmes sécuritaires.

Partenariats industriels : CNET France Télécom, PSA.

Relations scientifiques : Université de Dublin, Ecole Polytechnique de Tunis, Université de Salt Lake City.

La réalisation d'applications informatiques dépend de plus en plus de l'utilisation de réseaux. Cette nouvelle dimension ajoute un niveau de complexité à la maîtrise des logiciels de (télé-) communications. Le projet RESEDAS, commun à l'INRIA et au LORIA, a pour cadre général l'étude de solutions innovantes, la conception d'outils logiciels expérimentaux pour faciliter le développement, le déploiement et l'exploitation de services, protocoles et applications distribuées sur des réseaux de télécommunications et des réseaux locaux. Principaux axes de recherche :

- gestion des réseaux et des services (application au Réseau de Gestion des Télécommunications).

- calcul réparti sur des réseaux de stations hétérogènes.

- protocole IP nouvelle génération (IPv6), expérimentation, validation de plate-forme et conception de nouvelles classes d'applications.

Relations scientifiques : ENSIAS (Rabat), National Institute of Standards and Technology (Washington), Université de Québec, INRS Télécom, etc.

Le thème de recherche de l’équipe CALLIGRAMME est l'utilisation de la logique linéaire et, en particulier, de la théorie des réseaux de démonstration dans la modélisation de la circulation de l'information. Deux cas spécifiques de circulation de l'information sont envisagés : dans les calculs de processus, l'information communiquée entre agents ; dans le cas de l'analyse grammaticale, l'information syntaxique échangée entre les constituants d'un même syntagme. Les principaux axes de recherche :

- réseaux de démonstration et d'interaction.

- logique linéaire et parallélisme.

- logique linéaire et grammaires formelles.

- calculs lambda typés et sémantiques.

Un des objectifs applicatifs de ces quatre actions de recherche est la mise au point d'un modèle grammatical basé sur la logique linéaire permettant d'intégrer diverses théories linguistiques.

Partenariats industriels : Xerox.

Relations scientifiques :Institut de Mathématiques de Luminy, Universités de Rome, de Birmingham, de la Sarre, Université Polytechnique de Catalogne.

Si la recherche dans le domaine des T.I.C. à laquelle est associée l’Ecole des mines de Nancy s’effectue au LORIA, il existe toutefois - au sein même de l’école - d’une part, deux départements d’enseignement dans le domaine des T.I.C. : le département Ingénierie des systèmes de décision et de production et le département Informatique et, d’autre part, une antenne du LORIA dans laquelle sont décentralisés des moyens informatiques du laboratoire et qui sert de centre de ressources pour les étudiants et les visiteurs.

La formation initiale des élèves du cycle ingénieur civil des mines dans le domaine des T.I.C. comprend, en première année, deux modules (volume total : 60 heures) visant à donner les notions de base de l’informatique et du calcul scientifique et à initier les élèves à la programmation, à quoi s’ajoute une initiation à l’usage du micro-ordinateur et à ses ressources ainsi qu’à l’utilisation d’un outil d’exploration d’Internet.

Une nouvelle organisation des enseignements de deuxième et de troisième année est en cours de mise en place, fondée sur la semestrialisation, la mise en place d’axes sectoriels et l’ouverture international.

Dans ce cadre, le département Informatique est responsable, en deuxième année, de l’axe ingénierie des systèmes informatiques dont les items sont : technologie et utilisation des ressources de base : matériel, systèmes d’exploitation, réseaux ; architectures logicielles et techniques de conception ; fondements théoriques : syntaxe et sémantique ; développement de systèmes informatiques : procédés et modèles. Un axe transversal intitulé modélisation de systèmes décentralisés et de décision, organisé conjointement par les départements Ingénierie des systèmes de décision et de production et Informatique devrait voir le jour en 1999. En deuxième année, les élèves peuvent s’inscrire à des cours optionnels : calcul parallèle et intensif, intelligence artificielle et systèmes d’information.

En troisième année, les T.I.C. font l’objet de l’axe ingénierie des systèmes informatiques communicants dont les deux volets principaux sont les réseaux et les télécommunications et la maîtrise d’ouvrage des projets informatiques.

En matière de formation de troisième cycle, l’Ecole des mines de Nancy contribue au DEA informatique, commun à l’INPL et aux universités Nancy I, Nancy II et Metz. Parmi la cinquantaine d’étudiants inscrits chaque année dans ce DEA, un ou deux sont élèves de l’Ecole des mines de Nancy et suivent la formation universitaire pendant leur troisième année de leur cursus.

5-3.- Analyse des auditeurs

L’Ecole des mines de Nancy a développé des activités très solides dans le domaine de l’informatique. Sur les cinq domaines de spécialisation offerts aux élèves, les deux les plus récents (informatique et génie industriel), sont ceux qui se rapportent le plus à cette discipline. De plus l’école qui forme des ingénieurs généralistes a réorganisé l’enseignement en axes transversaux (pluridisciplinaires) et sectoriels (de spécialité) pour mieux remplir sa mission. Le personnel enseignant de l’école est très actif dans le domaine de la recherche ; cependant, ainsi qu’il est expliqué ci-dessus, l’essentiel de cette recherche ne se fait pas dans le cadre de l’école mais dans celui du laboratoire Lorrain en Informatique et ses Applications (LORIA), organisme externe qui regroupe plusieurs partenaires du monde de la recherche (INRIA, CNRS) et universitaire nancéien (Nancy I, Nancy II et INPL) et qui dispose d’équipes très qualifiées. L’école bénéficie de la présence du LORIA et tire avantage de cette ressource qui lui donne accès à des enseignants-chercheurs locaux pour concevoir et dispenser certains de ses cours.

Le LORIA est une organisation très active dans le domaine de la recherche avec un volume et une productivité très respectable. Mais l’Ecole des mines de Nancy n’apparaît que comme un partenaire marginal du laboratoire puisque que seuls quatre de ses membres sont aussi intégrés dans des équipes du LORIA (qui compte au total près de 300 personnes), et un seulement dans le domaine de l’informatique stricto sensu. Même modeste, il n’y a cependant pas de doute que cette coopération soit très profitable à l’Ecole des mines de Nancy.

Les sujets de recherche abordés dans les groupes du LORIA reçoivent beaucoup d’attention à l’heure actuelle, telle la logique linéaire ou les grammaires catégorielles de l’équipe CALLIGRAMME, l’administration de réseaux, les calculs distribués ou les protocoles Internet de l’équipe RESEDAS, les méthodes de construction de systèmes de l’équipe MODEL ou même les activités de l’équipe MACSI dans laquelle se trouvent trois professeurs de l’école. Les contributions des divers membres de ces équipes sont diffusées dans les meilleures revues spécialisées, et leurs partenaires se trouvent dans les meilleures universités étrangères, attestant de la qualité du travail et des chercheurs qui y participent.

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6-1.- Présentation générale de l’Ecole des mines de Nantes

L'Ecole des mines de Nantes, créée en 1991, forme des ingénieurs pluridisciplinaires pour l'industrie : pour cela, elle recrute chaque année 120 élèves par les concours communs des ENSTIM, quelques élèves sur titres en deuxième année et en troisième année et une dizaine d'élèves dans un cycle d'ingénieur par la formation continue diplômante. Elle délivre environ 90 diplômes par an.

L'Ecole des mines de Nantes est cohabilitée pour le DEA informatique avec l'Ecole Centrale de Nantes et l'Université de Nantes. Elle est laboratoire d'accueil pour une dizaine de DEA et pour les formations doctorales associées. Elle accueille une quarantaine d'élèves chercheurs, en DEA ou en thèse. En 1997, 7 thèses de doctorats et 5 DEA préparés à l'Ecole ont été soutenues.

L'Ecole des mines de Nantes est s’appuie, pour la recherche, sur cinq départements d'enseignement et de recherche comptant au total 177 personnes, dont 83 enseignants-chercheurs, et une soixantaine d’élèves-chercheurs dont 40 en thèse.

Les départements ont noué des collaborations scientifiques avec de grands organismes de recherche : CNRS, Institut de Recherche en Informatique et Systèmes Aléatoires (IRISA), Institut de Recherche en Cybernétique de Nantes (IRCyN), Institut National de Physique Nucléaire et de Physique des Particules (IN2P3), Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM), etc. L'Ecole des mines de Nantes a une activité contractuelle à hauteur de 8 millions de francs en recherche.

6-2.- Les T.I.C. à l’Ecole des mines de Nantes

Deux des cinq départements d’enseignement-recherche de l’Ecole des mines de Nantes mènent des recherches dans le domaine des T.I.C..

Le département Automatique et Productique conduit des travaux dans trois domaines majeurs : l’automatique, la productique et l’électronique. Plusieurs actions de recherche sont effectuées dans le cadre de collaborations institutionnelles, en particulier au sein de l’Institut de Recherche en Cybernétique de Nantes (IRCyN) et avec l’Institut de Recherche Informatique et Systèmes Aléatoires (IRISA, Rennes). L’IRCyN est une unité mixte de recherche (UMR 6597) qui associe le CNRS, l’Ecole Centrale de Nantes, l’Université de Nantes et l’Ecole des mines de Nantes.

Le département Automatique et Productique est organisé en deux équipes : équipe Automatique et Instrumentation, et équipe Productique.

Les thèmes de l’équipe automatique et instrumentation portent sur l’analyse et la commande des systèmes linéaires, la robotique et télérobotique, les systèmes à événements discrets, la conception de capteurs pour le contrôle non-destructif. L’équipe collabore avec l’IRCyN dans le domaine des systèmes linéaires, de la robotique et des systèmes à événements discrets, avec l’Université de Nantes et l’Université de Toulouse dans le domaine de l’optoélectronique et des matériaux pour l’optoélectronique (activité capteurs). Elle impliquée dans deux DEA : DEA automatique et informatique appliquée (AIA) de l'Université de Nantes et l'Ecole Centrale de Nantes, et DEA microondes et transmission optiques (MOTO) de l'INP de Toulouse et l'Université de Toulouse III. En matière de transfert et de valorisation de la recherche, l’activité capteurs optoélectroniques a conduit à la signature d’un contrat européen CRAFT associant l’Ecole des mines de Nantes à neuf entreprises françaises, italiennes et allemandes en vue de l’industrialisation de capteurs de distance/déplacements.

L’équipe productique développe des recherches en ordonnancement et planification de la production, conception et évaluation de performances des systèmes de production et qualité et sûreté de fonctionnement. L’équipe collabore avec l’IRCyN dans le domaine de la modélisation et l’optimisation des systèmes de production et des systèmes à événements discrets. Soutenue par le CRITT Productique de la région Pays de la Loire, l’équipe a obtenu des résultats en matière de transfert de technologie avec Eutelsat, le Service de Recherche Technique de la Poste, Aerospatiale et Johnson Filtration Systems.

Le département Automatique et Productique assure une contribution importante à l’enseignement (au total : 1 850 heures) en automatique, recherche opérationnelle, gestion de la production, électronique, mécanique et mathématiques. Il a la responsabilité de trois options (sur huit) :

- automatique et informatique industrielle.

- gestion des opérations en production et logistique.

- qualité et sûreté de fonctionnement.

Le département Informatique oriente ses activités de recherche autour des thèmes objets, contraintes et images développés au sein de trois équipes : équipe systèmes et langages à objets, équipe programmation par contraintes et équipe synthèse d’images.

L’équipe système et langages à objets a pour thème fédérateur l’adaptabilité et l’évolution des systèmes logiciels. Les activités de recherche concernent plus particulièrement autour la compilation des langages Smalltalk et Java (projet CLO), la définition de méthodes et de techniques de ré-ingénierie permettant la rétro-conception de programmes informatiques (projet QUALICOS), la définition de méthodes et de schémas de conception par objets permettant la construction de bibliothèques de composants réutilisables et spécialisables (projet OCAL). L’équipe participe à deux projets du GDR de programmation-pôle objet : INTERLOO (Interopérabilité des langages à objets : le cas Eiffel Smalltalk) et ELO (Evolution des langages à objet). L’équipe, en association avec la société Object Technology International Inc. (OTI), devenue OTI/IBM en 1996, a créé le laboratoire Jules Verne. Installé depuis fin 1995 dans les locaux de l’Ecole des mines de Nantes, ce laboratoire a contribué au développement des technologies objet et a permis d’anticiper le phénomène Java. Cette collaboration n’aboutira pas, comme prévu initialement, à la création d’une entité indépendante de recherche et développement, mais se poursuivra sous forme de bourses de thèses et post-doctorants.

Le but du projet de recherche de l’équipe programmation par contraintes est l’étude des fondements des systèmes dynamiques de contraintes et leur mise en œuvre au travers des langages de programmation par contraintes. Le projet porte à la fois sur la relaxation de contraintes dans le cadre des systèmes dynamiques, l’allocation dynamique de ressources et la résolution des systèmes de contraintes numériques. L’équipe est impliquée dans le projet GINA (voir infra) ; elle anime le groupe de travail traitements dynamiques de systèmes de contraintes évolutifs du GDR ALP (Algorithme, Langage, Programmation). En matière de collaboration avec l’industrie, l’équipe programmation par contraintes s’intéresse à la résolution d’un problème d’allocation dynamique de ressources pour Bouygues Télécom ; elle participe au projet DECORUM du CRITT Productique de la région Pays de la Loire qui vise au développement d’un outil pour la construction de systèmes d’aide à la décision dans le domaine de la productique.

Les thèmes de recherche de l’équipe synthèse d’image portent sur les méthodes de conception (modélisation déclarative et modélisation sous contraintes) et sur l’interaction homme/machine. L’équipe est en particulier impliquée dans quatre projets : le projet GINA (Géométrie Interactive Naturelle) vise à développer un système de CAO 3D intelligent et interactif ; le projet CODIS (COnception Déclarative d’Images de Scènes), en partenariat avec l’Institut de Recherche en Informatique de Nantes (IRIN), a pour objectif de permettre la conception de scènes en trois dimensions et leur visualisation par la simple donnée d’une description bi-dimensionnelle ; le projet PAVR (Platform for Animation and Virtual Reality) mené conjointement avec dix laboratoires européens porte sur le contrôle supervisé du mouvement d’un objet animé ; le projet CNET (Centre National d’Etudes des Télécommunications) a pour objet les techniques de visualisation et d’interaction pour l’hypermédia.

Le département Informatique participe aux enseignements de tronc commun de première et de deuxième année (300 heures), propose des cours optionnels en troisième année (390 heures) et a la responsabilité de deux options (300 heures chacune) :

- génie logiciel.

- génie des systèmes informatiques.

Par ailleurs, le département est partenaire de deux formations de 3e cycle : - European Master on Object Oriented Software Engineering (EMOOSE) : master of sciences en collaboration avec la Vrije Universiteit Brussels, l’Université de Linz (Autriche) et un réseau d’établissements universitaires sud-américains (Argentine, Chili, Brésil).

- DEA informatique, cohabilité Université de Nantes, Ecole Centrale de Nantes et Ecole des mines de Nantes.

6-3.- Analyse des auditeurs

Deux des auditeurs du groupe, A. VACROUX et P. BERNHARD, avaient fait partie du groupe d’audit chargé d’examiner, à l’automne 1996, l’ensemble des recherches de l’école, groupe conduit par le Président BREZIN. Une mesure différentielle a donc pu être établie pour les deux départements à nouveau visités en 1998.

Automatique et Productique

Le département Automatique et Productique fait désormais partie intégrante de l'Institut de Recherche en Cybernétique de Nantes (IRCyN), ce qui n'est que la systémisation logique de ses liens anciens avec le Laboratoire d’Automatique de Nantes (LAN), lui aussi fusionné dans ce nouvel institut. Le groupe d'audit de 1996 avait approuvé le choix du département de se lier au LAN, et le groupe de 1998 ne revient pas sur cette appréciation positive, même si ce choix, qui est scientifiquement le bon, a pour conséquence inévitable une mois bonne visibilité de l'école au plan de la recherche.

A ce titre, le grand dévouement de l'équipe à l'enseignement lui donne néanmoins une cohésion. Et la cellule flexible d'assemblage, réceptionnée il y a à peine un an, constitue un signe et un support de cette solidarité. De plus, une réflexion sur la rationalisation et la complémentarité des recherches en cours est toujours présente, ce qui permet à l'ensemble de ne pas être trop disparate.

Le groupe d’audit s'est interrogé sur le nombre élevé (quatre) de responsables successifs (en titre ou par intérim) à la tête du département au cours des 5 dernières années. Une telle situation n'aide pas a priori le département à fonctionner, même si aucun signe de mauvaise entente entre les chefs de département successifs, tous présents lors de la visite des auditeurs, n’ait été observé.

Le groupe d’audit n’a pas fait d'analyse détaillée équipe par équipe du taux de publications. Globalement, on peut dire qu'il est normal, voire bon.

1. Automatique et instrumentation

1.1 Analyse et commande des systèmes dynamiques continus

L'exposé a été très peu disert sur l'activité de cette équipe, et en particulier du sous-groupe (?) s'intéressant aux systèmes continus. La principale source de renseignements réside dans les copies de publications mises à disposition des auditeurs, et encore aucun article n'est-il fourni sur les systèmes à événements discrets (SED).

L'impression globale est qu'il s'agit de travail théorique, dans certains cas encore assez loin des applications, mais de bonne qualité et reconnu par la communauté spécialisée.

1.2 Systèmes à événements discrets et hybrides

Le groupe d’audit n’a disposé d’aucun article de cette équipe. Certains membres du groupe d'audit la connaissent un peu par ailleurs, et reconnaissent la qualité mathématique de ses travaux. Une discussion avec un de ses animateurs, le jour de l'audit, indique l'existence de travaux plus récents se rapprochant de résultats directement utiles pour la commande des SED.

1.3 Perception et compréhension de l'environnement

Cette équipe pourrait aussi bien être classée en productique. Le travail présenté est sérieux. Il correspond à des préoccupations "système" du système robotique. A ce titre, être intégré dans une opération plus globale augmenterait son intérêt. Peut-être est-ce précisément le cas à l'IRCyN ; c'est en tous cas ce qu'il lui faut viser (nota : la qualité de l'anglais dans l’article présenté par cette équipe est vraiment un problème.)

1.4 Capteur optoélectronique

Lors de l'audit de 1996, le groupe d'audit avait regardé cet effort avec sympathie, sans se sentir très compétent pour porter un jugement d'originalité ou d'avenir ; à l’automne 1998, la situation a complètement changé. D'après les contacts noués et les opérations internationales lancées, on peut affirmer aujourd'hui que le responsable de l’équipe avait vu juste et que les responsables du département ont eu raison de lui faire confiance. L’équipe s'est un peu recentrée : on ne parle plus de faire des contributions au traitement d'image.

Le groupe d'audit souligne que la contribution de cette équipe est typiquement dans l’aspect "système" : le phénomène physique mis en œuvre était connu, l'électronique qui l’entoure n'est pas en elle-même révolutionnaire. Mais utiliser cet effet de cette façon et développer le bon environnement électronique est un travail original, à la limite de la recherche et du développement, mais du bon côté de la limite pour une école d'ingénieurs.

2. Productique

2.1 Démonstration d'un logiciel d'ordonnancement

La démonstration présentée au groupe d’audit, très convaincante, portait sur ce logiciel d’ordonnancement. Celui-ci a des fonctionnalités intéressantes et une algorithmique manifestement performante. Reste à lui trouver un débouché. Pas nécessairement tel quel, mais peut-être comme outil pour convaincre un industriel, ou un éditeur, soit pour donner naissance à un produit nouveau, soit pour être intégré à un outil existant qu'il améliorerait.

2.2 Divers articles

Le reste de l'activité doit à nouveau être examiné d'après les articles. Globalement, ils attestent d'une bonne activité scientifique, avec un sain souci des applications.

3. La cellule d'assemblage

La cellule d'assemblage a été présentée comme un élément fédérateur du groupe. Il est très révélateur que ce soit un investissement avant tout pédagogique qui joue ce rôle.

Le choix fait - un système réduit d'une installation industrielle - est par nature plus propice à monter des projets d'élèves et travaux pratiques qu'à être un outil de recherche. C'en sera un indubitablement, simplement parce qu'il est là ; mais il n'a pas été "optimisé" dans ce sens. Dans une école cela se justifie. On ne peut que difficilement faire faire des travaux pratiques aux élèves sur des objets de laboratoire trop éloignés de la réalité industrielle.

4. Formation

La place importante de la formation dans les préoccupations du département a déjà été évoquée. Il faut rappeler que le groupe d’audit n’a pas été mandaté pour évaluer les programmes ou la pédagogie, qui semblent bons. Le département est responsable de nombreux enseignements, tant en option qu'en tronc commun et en DEA. La charge d'enseignement par personne reste raisonnable, conforme à ce qu'on attend dans une école hors université.

Informatique

Le département Informatique est dans une situation assez différente de celle du département Automatique et Productique. Il n'y avait pas de gros laboratoire du domaine à proximité de l’école avant la création de celle-ci. Donc, le problème se posait de façon complètement différente. Le responsable du département, un chercheur de renommée internationale et assez charismatique, a pu assembler autour de lui une équipe qui a vite acquis une très bonne visibilité nationale puis internationale. En outre, il a pu attirer une personne de l’IRISA pour créer un groupe en imagerie, complétant sa palette personnelle par un thème traditionnellement très fort en France.

La présentation faite devant le groupe d’audit tenait visiblement compte des remarques de l'audit de 1996 en ce qu'elle donnait une impression de plus grande cohérence, d'une moindre dispersion. Il faut en particulier noter que les choix opérés par le groupe image le rend très proche des deux autres groupes, objets et contraintes. C'est ainsi qu'on entend parler de GINA, par exemple, dans le rapport d'activité du groupe contraintes, bien que le projet semble rattaché au groupe image dans le rapport duquel on le retrouve en détail.

Le taux de publications est modeste, mais pas inquiétant étant donné le taux de production de logiciels, l'activité d'organisation de conférences, etc. A ce titre, le groupe d’audit a été favorablement impressionné par les indications de vitalité du département, notamment par l'organisation des "Jeudis de l'objet".

La lecture des documents qui ont été remis fait apparaître une des difficultés auxquelles est confronté le département. Le choix de la culture "objet" avant qu'elle ne fût populaire lui a donné une avance importante dans une direction qui se révèle hautement judicieuse aujourd'hui. Mais cette avance a été acquise en s'appuyant largement sur le langage Smalltalk, notamment au travers du partenariat avec OTI. Aujourd'hui, il faut manifestement gérer la transition vers JAVA, qui est compliquée par l'importance de l'investissement consenti autour de Smalltalk. On peut dire que le département a vu venir le problème et le gère au mieux. (Un document "Smalltalk à l'EMN" se termine par le paragraphe "Et maintenant... de Smalltalk à Java ?") On voit JAVA remplacer Smalltalk dans l'enseignement de tronc commun, tandis qu'OTI, acquis par IBM, contribue à étendre l'environnement Visual Age de Smalltalk à JAVA.

 1. Images

1.1 GINA et CODIS

Ces deux projets partagent un point de vue ambitieux de pouvoir définir un environnement 3D de manière déclarative, ce qui suppose de manipuler des objets 3D, des contraintes géométriques, mais aussi d'appeler à la rescousse des techniques de sa saisie avancée comme la reconnaissance vocale.

Il faut noter que le module Desargues - appréciez l'hommage à un des pères de la géométrie projective... - a bien progressé depuis 1996 et montré la pertinence de ce parti pris géométrique.

1.2 PAVR

Le groupe a disposé de peu d’informations sur le rôle de l'équipe de l’Ecole des mines de Nantes dans le développement du très impressionnant produit TicTacToon présenté dans un article proposé. On voit bien qu'il y a un marché et de beaux problèmes.

1.3 Projet CNET

Il s’agit d’un projet orienté Web : c'est naturel. Un rapprochement avec l'équipe de Saint-Etienne semblerait aussi naturel.

2. Contraintes

L'exposé rapide n’a pas donné le temps de réellement apprécier le travail de cette équipe qui se situe dans un autre créneau fort de la recherche française en informatique. Un des articles présenté montre que l'équipe n'a pas dédaigné de s'intéresser au problème de la confection des emplois du temps (d'examens) de l'école. C'est bien ! Si ce code est étendu aux programmes des cours, il va être fortement demandé!

On doit aussi louer cette équipe pour ses collaborations, avec l’équipe images sur GINA, avec l'équipe de productique pour l'ordonnancement, qui est manifestement un utilisateur majeur de ce genre de techniques. On ne saurait trop les encourager à approfondir cette collaboration.

Le membre mathématicien du groupe d’audit a regretté que l'article fourni sur les contraintes numériques, un bon sujet trop souvent ignoré dans les CSP, écarte d'un revers de main les contributions possibles des mathématiciens et renonce résolument à s'adresser à eux, notamment en s'enfermant dans le jargon des CSP sans aucune traduction en termes compréhensibles pour un mathématicien.

3. Objets

C'est le point fort historique et actuel du département, la notoriété de son responsable aidant. Il s’agit d’un très bon travail, à l'évidence. Cette équipe a accueilli le Laboratoire Jules Verne, c’est-à-dire la société OTI.

Lors de l'audit de 1996, l'activité liée à OTI était passablement occultée par des obligations de discrétion industrielle et l'activité visible du laboratoire était fortement marquée du côté théorique. La présentation en cet automne 1998 cite le rapport 96 (!) et s'est attachée à répondre à cette critique, en montrant par la même démarche l'apport pour le département de la collaboration avec OTI. Le groupe d'audit a été convaincu par cette explication.

4. Formation

Le commentaire du groupe d’audit est largement isomorphe à celui fait pour le département Automatique et Productique, modulo le rôle de la formation comme "lien social" dans le département qui paraît moins net dans le présent département.

Enfin le groupe d’audit a noté que département Sciences de l’Homme et de la Société vient de recruter deux chercheurs dans le domaine des technologies de l’information et de la communication, un économiste et un sociologue. Le département, jeune et dynamique, avec une bonne implantation locale, parisienne et internationale, est dirigé par un des très bons spécialistes du domaine. Cependant, les recherches à caractère sociologiques sont, pour le moment, principalement orientées vers la sociologie des entrepreneurs. Nul doute, compte tenu du soutien ferme de la direction en faveur de la sociologie et de l’arrivée de nouveaux chercheurs, que l’équipe développera ses activités dans le domaine des T.I.C.

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7-1.- Présentation générale de l’Ecole des mines de Paris

L’Ecole des mines de Paris forme des ingénieurs généralistes ; pour cela elle recrute chaque année environ 90 élèves en 1re année par le concours commun Mines-Ponts et environ 30 élèves en 2e année sur titre (dont 25 anciens élèves de l’Ecole Polytechnique). Par ailleurs, elle assure la formation des corps techniques de l’Etat (une vingtaine d’élèves chaque année). Elle délivre 120 diplômes d’ingénieur civil des mines par an. Elle offre aussi des formations spécialisées, courtes ou longues, dans une dizaine de spécialités : mastères, cycles de l’Institut Supérieur Fluides, Energies, Réseaux, Environnement (ISUPFERE), de l’Institut Supérieur d’Informatique et d’Automatique (ISIA), du Centre d’Etudes Supérieures des Matières Premières (CESMAT).

L’Ecole des mines de Paris est cohabilitée dans 14 DEA et habilitée à délivrer le doctorat. En 1997, elle a accueilli 437 élèves-chercheurs, dans ses centres de recherche, dont 58 en DEA et 379 en thèse ; 75 thèses de doctorat ont été soutenus.

L’Ecole des mines de Paris regroupe 18 centres de recherche dont la moitié sont associés à des partenaires extérieurs (CNRS, Ecole Polytechnique, ENPC, ENSTA, INRIA, etc.) ; ils représentent un potentiel de 600 personnes dont 275 enseignants-chercheurs, auquel s’ajoutent plus de 400 élèves-chercheurs. L’Ecole des mines de Paris a des liens forts avec l’industrie qui se traduisent en particulier par un chiffre d’affaires annuel de contrats industriels de l’ordre de 120 millions de francs.

Le transfert de technologies développées à l’Ecole des mines de Paris s’effectue non seulement à travers la recherche contractuelle, mais aussi par la création d’entreprises. Ainsi, 250 personnes sont employées dans des entreprises à la création desquelles d’anciens chercheurs des laboratoires de l’Ecole des mines de Paris sont associés.

7-2.- Les T.I.C. à l’Ecole des mines de Paris

L’Ecole des mines de Paris mène des recherches dans de nombreux secteurs du domaine des T.I.C. : automatique, robotique, informatique, image, télédétection, sociologie, économie industrielle ; les centres impliqués dans ces recherches sont situés à Paris, à Fontainebleau et à Sophia Antipolis.

à Paris :

Le centre de Robotique (CAOR) développe une activité de recherche dans les domaines suivants :

- réalité virtuelle, réalité augmentée et modélisation 3D : les travaux sont appliqués à la télérobotique et portent en particulier sur l'immersion d'un téléopérateur grâce à la technologie de la réalité virtuelle (problèmes : vision stéréoscopique, objets virtuels dans une scène réelle). Les collaborations avec l’industrie sont très diversifiées ; exemples : EDF (utilisation de robots de maintenance en milieu hostile), SNCF (formation des agents pour des interventions sur site), CERMA - Centre d'Etudes et de Recherches de Médecine Aérospatiale (compréhension de la vision stéréoscopique), projet européen Visimplant (robotisation de la pose d'implants dentaires) en collaboration avec l'Association Française d'Occlusodontie, l'Imperial College à Londres, l'Université d'Uméa en Suède, l'Université de Milan et deux entreprises.

- la route automatisée : les travaux visent à la robotisation du transport par route et s’intéressent notamment à la conduite assistée par vision. Ils sont menés en partenariat avec Renault, l'INRETS (Institut National de Recherche et d'Etude sur les Transports et la Sécurité), le LCPC (Laboratoire Central des Ponts et Chaussées) et l'INRIA. Le CAOR est associé au projet de recherche pour la mise en place d’une recherche sur le concept de "route automatisée".

- modélisation et contrôle des systèmes robotiques autonomes : les activités portent sur la modélisation et la commande des mobiles à roues avec prise en compte des phénomènes de pseudo-glissement des roues sur le sol (projet Praxitèle de l’INRIA).

- nanorobotique : les travaux dans ce créneau ont pour objectif de créer un robot télé-opéré ayant des capacités nanomanipulatrices.

Le centre de Robotique a une forte activité en enseignement et notamment en automatique et en électronique dans le tronc commun, en réalité virtuelle et systèmes de production pour les enseignements spécialisés. Le centre a la responsabilité de deux options (option robotique et option systèmes de production). Il est cohabilité dans le DEA méthodes informatiques des systèmes industriels (MISI) de l'Université de Versailles Saint-Quentin et l'Université Paris VI, et est associé au mastère ingénierie de la conception (ENS Cachan). Il intervient également à l’ISUPFERE et en formation continue.

La double formation de nombreux de ses chercheurs, la proximité au monde industriel et l’intérêt porté en son sein à la sociologie des sciences ont conduit le centre de Sociologie de l’Innovation (CSI) à un choix de thématiques de recherche originales : analyse socio-technique des innovations, anthropologie des laboratoires, évaluation des politiques de recherche, étude socio-économique des biens culturels, des services. Le centre a fait évoluer ses thématiques de recherche pour se rapprocher des problématiques liées aux usagers. C’est ainsi que dans le domaine des n’T.I.C. (sic) le CSI s’est par exemple intéressé pour le CCETT (France Télécom) à l’usage de l’interface utilisateur des réseaux de vidéocommunications de première génération, aux conséquences de la mise en place de la main courante informatisée dans les commissariats de police (étude pour l’Institut des Hautes Etudes de la Sécurité Intérieure (IEHSI) et aux nouveaux types de collectifs qui se mettent en place avec le développement des nouveaux outils de communication (cercles de discussions électroniques, forums Internet, etc.).

Le centre d’Economie Industrielle (CERNA) s’intéresse en particulier au mode croissance des entreprises et à l’analyse de la réglementation dans le contexte industriel. Le centre a récemment démarré une recherche autour des modes de croissance et des enjeux de politique industrielle dans le secteur des nouvelles technologies de la communications. A la demande l’Association Française des OPérateurs de Télécommunications (AFOPT) qui regroupe Bouygues Télécom, Cegetel et Call Télécom, le centre a engagé un travail visant à évaluer les conséquences du changement de rôle de l’Etat dans le secteur des télécommunications en terme de création et de croissance de nouvelles firmes, nouveaux acteurs industriels, nouveaux marchés.

à Fontainebleau :

Les travaux de recherche du centre de Recherche en Informatique (CRI) sont menées dans deux équipes : l’analyse et la transformation de programmes informatiques [projet PIPS (Parallélisation Interprocédurale de Programmes Scientifiques)], et l’accès aux bases de données sur Internet.

Une équipe s’intéresse à l’automatisation des analyses et des transformations de programmes afin de réduire les coûts de rétro-ingénierie (compréhension), de validation (preuve) et d’optimisation (parallélisation, coût d’exécution, temps de réponse). Ce thème de recherche, retenu à la suite d’une demande industrielle, a reçu une évaluation positive (Dassault, ONERA, CEA) et a conduit l’équipe à signer des contrats, notamment avec Thomson-CSF, la SAGEM et EDF. Toutes les contributions sont intégrées dans une plate-forme ouverte unique, PIPS, mise à la disposition de la communauté internationale.

Les travaux de la seconde équipe portent sur les mécanismes d'indexation et de recherche dans les grandes bases de données textuelles partiellement structurées, la méta-indexation, c'est-à-dire l'interrogation simultanée de différents indexeurs et la présentation des interfaces de recherches multicritères. L'objectif est notamment de concevoir des méthodes générales de création d'hyperliens entre bases de données. Un des champs privilégiés de recherche et d’expérimentation sont les bases de données juridiques (Journal officiel) ou administratives ; l’équipe a ainsi travaillé au développement d’un méta-indexeur qui indexe 47 sites Web de l’Administration.

Le CRI participe activement à l'enseignement de tronc commun ; il a la responsabilité de l'option systèmes d'information et ingénierie informatique. Il intervient dans les cours de l’Institut Supérieur d’Informatique et d’Automatique (ISIA) à Sophia Antipolis. Enfin, le centre a créé deux mastères :

- mastère management des systèmes d’information et des technologies (mastère MSIT) en collaboration avec HEC.

- mastère ingénierie des applications réseau multimédia (mastère IAR2M).

Le centre Automatique et Systèmes (CAS) mène des recherches dans trois domaines : commande des systèmes dynamiques, optimisation et réseaux, systèmes à événements discrets.

Les activités de l'équipe commande des systèmes dynamiques concernent notamment les systèmes différentiellement plats qui jouent un rôle important dans les développements actuels en automatique et dont on trouve de nombreux exemples en mécanique, en électrotechnique, en génie chimique ou en agro-alimentaire. Les travaux du CAS dans ce domaine donnent lieu des collaborations industrielles diversifiées : Elf (commande de colonnes à distiller), Valéo (balais synchronisés, suspension semi-active, embrayage automatique compact), IFP (commande de tête de forage), Ifremer (extrusion de pulpe de poisson), etc.

Les recherches en optimisation et réseaux visent à l'étude des systèmes complexes (par leur taille, leur structure spatiale ou temporelle, leur caractère aléatoire) dont les réseaux constituent des exemples d'application. Des méthodes d’optimisation à base d’algorithmes par décomposition/coordination ont été développées. Les partenaires industriels actuels sont essentiellement EDF (optimisation annuelle de la production électrique) et GDF (exploration de sites de stockage souterrains de gaz).

Les recherches dans le domaine des systèmes à événements discrets (SED) s’intéressent aux systèmes dont la dynamique est essentiellement régie par des phénomènes de synchronisation et dont la performance dépend de la façon dont sont arbitrés les phénomènes de compétition : ateliers de fabrication manufacturière, réseaux d’ordinateurs, réseaux de transport... L’équipe utilise des algèbres "exotiques" pour décrire ces phénomènes. Les recherches vont se développer dans le réseau ALAPEDES (Algebraïc Approach to Performance Evaluation of Discrete Event Systems) qui a vu le jour en 1997 et qui réunit 8 partenaires européens (dont le CAS) dans le cadre d’un projet Esprit-TMR.

Le CAS n’intervient que marginalement dans les enseignements de formation initiale.

Le centre de Morphologie Mathématique (CMM) développe une méthode, dont il est le fondateur, la morphologie mathématique dont les applications portent notamment sur l’analyse d'image. Il s’agit de modéliser du monde visuel par des structures en treillis et des fonctions aléatoires.

Les activités de recherche se sont en particulier développées dans le domaine du multimédia : restauration des films anciens (contrat avec la société Kodak), décomposition des éléments d'une séquence animée. Le CMM est impliqué dans les programmes européens, tel MOMUSYS dans le domaine des normes MPEG4 et MPEG7. Dans le domaine du multimédia, le centre est associé à un programme Eurêka (MEDEA M4M) visant à concevoir des architectures nouvelles.

Le centre qui a la responsabilité d’une option (option imagerie) assure en outre deux cours dans le cadre du GEI Paris sur les structures aléatoires et sur l'analyse d'image par l'exemple. Il participe également au cours et aux travaux dirigés de l'enseignement de l'électronique.

à Sophia Antipolis :

Le groupe Télédétection et Modélisation (T&M), créé au sein du centre d'Energétique (CENERG), mène des recherches qui s’appuient sur des compétences de base d’une part en physique (mécanique des fluides, transfert radiatif dans l'océan et l'atmosphère, physique de la mesure), et, d’autre part, en mathématiques appliquées (statistiques, traitement d'images et signal, cartographie). Elles ont pour objet la cartographie des paramètres décrivant l'environnement et la connaissance et modélisation de la distribution dans l'espace et dans le temps de ces paramètres ainsi que de leur variabilité. Les travaux de recherche développent notamment l’utilisation de la technique de fusion de données. Les principaux thèmes d’application des recherches du groupe sont la météorologie (estimation du rayonnement solaire et de ses composantes), l'océanographie (connaissance, gestion et aménagement des zones côtières, pollutions), le domaine urbain (cartographie d'un réseau de rues, qualité de l'air).

Le centre de Mathématiques Appliquées (CMA) regroupe une trentaine de chercheurs dont six chercheurs INRIA ; un groupe de trois chercheurs est implanté à Paris. Les grands domaines de recherche du centre sont l’informatique et l’automatique.

Le groupe automatique s’intéresse à la modélisation et au contrôle de systèmes dynamiques. Les systèmes peuvent être modélisés par des équations différentielles ordinaires (systèmes de dimension finie) ou par des équations aux dérivées partielles (systèmes de dimension infinie). Exemples d’applications des recherches : stabilisation de l'altitude d'un satellite possédant des appendices souples et des masses ballottantes (CNES, Aerospatiale), contrôle d'une plate-forme de production électrique multi-énergie (ANVAR), conception optimale de quilles et voiles de bateaux de course et le contrôle de coques élastiques, définition de la forme d’une antenne pour imposer son diagramme de rayonnement.

Les recherches en informatique à Sophia Antipolis (systèmes distribués et temps-réel) sont menées dans le groupe ESTEREL/Vérification et le groupe Reactive C. Elles portent sur l'étude des concepts théoriques liés aux systèmes et langages de programmation distribuée ou temps-réel, le développement de langages de programmation et d'outils d'analyse et de vérification automatique de propriétés de programmes. Le projet ESTEREL, au centre de ces recherches, a permis le développement d’un langage appliqués aux systèmes critiques et aux circuits électroniques (langage ESTEREL, développé industriellement par la société Simulog) et d’un langage s’intéressant aux systèmes distribués à évolution dynamique et à la migration de leurs composants à travers le réseau (langage Reactive C).

Plusieurs sociétés sont partenaires du centre pour ces activités, en particulier : Dassault, Thomson, Cadence, France Télécom.

La petite équipe parisienne du CMA s’intéresse d’une part aux outils de recherche documentaire permettant de gérer le nombre croissant de documents disponibles sur Internet (technologie Cow9) et, d’autre part, à un système de typage objet du langage de description de circuit 2z. Les partenaires industriels de l’équipe sont AltaVista, Thomson, Cap Gemini.

Le CMA participe aux enseignements de formation initiale (automatique), assure deux cours d’informatique dans le cadre du GEI Paris et a une très forte implication à l’ISIA.

Outre les activités d’enseignement assurées par chacun des centres de l'Ecole des mines de Paris et mentionnées ci-dessus, une action particulière a démarré à l’initiative d’un enseignant du centre d’Energétique dans le domaine de la formation assistée par les nouvelles technologies de communication. Il s’agit d’un projet de développement d’Aides Logicielles Pédagogiques pour l’Enseignement Supérieur (ALPES), c’est-à-dire d’outils interactifs à destination des élèves tels que : logiciels de calcul, polycopiés électroniques, bases de données utiles à l’ingénieur. Une première réalisation concrète a été réalisée sous forme d’un CD-ROM (THERMOPTIM) destiné à l’enseignement des machines thermiques et dont l’utilisation par les élèves s’est révélée positive.

7-3.- Analyse des auditeurs

Centre de Robotique (CAOR)

1. Recherche et développement

1.1 Robotique

Le CAOR (il semble que sigle corresponde à une appellation abandonnée de centre CAO et Robotique) se présente comme un intégrateur de technologies, à l'intersection de la perception, du raisonnement et de l'action. Dans des domaines de pointe comme ceux visés ici, le métier d'intégrateur a toujours une composante créative. Le centre de Robotique n'échappe pas à la règle. Une partie des activités présentées s'apparente à du développement avancé, notamment à la participation du centre dans le programme Praxitèle, développement qui nourrit la recherche plus fondamentale. Le groupe d’audit estime indispensable pour un vrai centre de recherches en robotique d'avoir cette part de développement hors duquel il n'est pas d'expérience sur laquelle bâtir une problématique valide.

Le centre développe aussi certaines technologies constituantes du tout à intégrer. Celles qui ont été présentées sont dans le domaine de la perception :

- perception tridimensionnelle, avec notamment des recherches très intéressantes sur la coopération entre stéréoscopie et "shape from shading", et une thèse, objet d'une nomination pour concourir au prix Le Chatelier (prix annuel de la meilleure thèse de l’Ecole des mines de Paris), sur l'utilisation d'un capteur 3D pour faire un modèle CAO à partir de relevés sur un dispositif existant. Ces deux travaux utilisent de la géométrie différentielle bien maîtrisée, et beaucoup d'autres choses.

- téléprésence : les démonstrations réalisées devant le groupe d’audit ont été très convaincantes, encore que le degré d'originalité soit difficile à juger dans la mesure où aucun membre du groupe n’a la parfaite connaissance de ce qui se fait ailleurs dans ce domaine.

1.2 Automatique

Les recherches présentées sur les robots à roue non holonomes, voire à pseudo-glissement, et sur le contrôle de frontière d’un système de dimension infinie constituent un joli travail qui trouve, via la "route intelligente", un lien avec le reste du centre. Ce lien reste ténu, et il s'agit beaucoup plus ici de recherches du type de celles menées au centre Automatique et Systèmes (CAS). Au demeurant, l’animatrice de ces recherches au sein du CAOR collabore avec le CAS. On imagine que des considérations liées à l'enseignement, à des questions de commodité ou de personnes ont conduit celle-ci à travailler au CAOR.

1.3 Nano-robotique

En visitant le laboratoire, le groupe d’audit a appris l'existence de cette activité fascinante qui semble assez nouvelle au centre. Elle n'a encore fait l'objet, semble-t-il, d'aucune publication ou communication. Elle ne serait entrée que très marginalement dans le champ de l'audit.

2. Production scientifique

On trouve sur le Web le rapport d’activité complet et la bibliographie du CAOR. Le groupe d’audit s'étonne qu'une recherche de cette qualité soit si peu publiée. Certes, il s'agit d'un domaine où une belle réalisation est dix fois plus intéressante - et difficile à faire - qu'un article, et le CAOR peut exhiber de telles réalisations. Mais précisément, il faut ensuite prendre la peine de faire savoir. Cela fait aussi partie du métier de chercheur. La seule partie publiée à hauteur de son intérêt est celle qui est marginale par rapport aux enjeux du centre : l'automatique.

En revanche, les démonstrateurs construits sont très convaincants, et le CAOR maintient un niveau flatteur de contrats industriels, avec des partenaires comme Renault, EDF, SNCF,... Il entretient aussi des contacts suivis avec de grands laboratoires publics : INRIA, ENPC, LCPC, INRETS, CEA.

3. Formation

Le centre a la responsabilité de deux options : robotique d'une part, et systèmes de production d'autre part. Cette deuxième option semble correspondre à une activité productique, confiée à un professeur récemment recruté ; elle n’a pas été présentée, ni n'est décrite dans le rapport d'activité disponible sur le Web. Le CAOR participe largement aux enseignements de tronc commun et d'enseignements spécialisés, et à un DEA. Rien à redire donc. A nouveau, l'information disponible ne permet pas au groupe d’audit de porter de regard quantitatif, ni donc comparatif avec la profession et les autres écoles d’ingénieurs.

4. Synthèse

Le centre de Robotique est incontestablement un des excellents laboratoires de robotique. Il est bien inséré dans l'enseignement de l'école, et a une bonne insertion dans les applications industrielles comme en témoigne notamment le nombre de ses contrats. Par contre, il paie un effort de publication insuffisant d'une notoriété internationale bien inférieure à celle à laquelle la qualité de ses recherches devraient lui donner accès.

Centre de Sociologie de l’Innovation (CSI)

Les recherches du CSI sont à la fois ouvertes sur les différents champs concrets de la sociologie, dont celui des technologies de l’information et de la communication, et organisées autour d'un modèle explicatif fort et cohérent dans la construction duquel Bruno LATOUR et Michel CALLON ont joué un rôle-clé. Avec ce modèle, qui peut s'appliquer autant à la recherche qu'au comportement des consommateurs ou qu'aux conditions sociales de diffusion des nouvelles technologies, les innovations et la consommation sont analysées comme des systèmes d'action collective et non comme la résultante de choix individuels. Ceci rend le CSI tout particulièrement apte à jouer un rôle d'interface entre la recherche académique et les diverses demandes des entreprises. Il maîtrise autant les questions de recherche fondamentale que les méthodes de recherche appliquée, ce que peu de laboratoires universitaires ont réussi à réaliser jusqu'à présent.

La force du CSI consiste à pouvoir capitaliser des études et recherches dans des domaines variés, et donc de répondre à la demande, tout en utilisant les résultats pour construire des modèles interprétatifs faisant progresser la sociologie générale.

Le groupe d’audit a noté avec satisfaction que le CSI est prêt à jouer un rôle de ressource pour le développement des sciences humaines et sociales dans les autres Ecoles des Mines.

Centre d'Economie Industrielle (CERNA)

L'activité du CERNA dans le domaine des T.I.C. qui a été présentée au groupe d’audit a récemment démarré. Il s’agit d’une première étude sur les conséquences de la concurrence dans le secteur des télécommunications commandée par une association d’opérateurs privés. Le groupe d’audit encourage fortement le centre qui, a conduit - dans d’autres secteurs d’activité - nombre de travaux intéressants, à développer sa présence dans celui des technologies de l’information et de la communication ; les sujets d’études pour les industriels, mais également pour l’Administration, ne manquent pas.

Centre de Recherche en Informatique (CRI)

Le CRI se présente comme constitué de deux équipes, l'une plus proche du service porte sur bases de données, architecture documentaire et multimédia, l'autre fait suite à une activité sur l'analyse statique de code et s'oriente maintenant vers l'optimisation et la réingénierie de codes scientifiques ; la première équipe a en outre une activité particulièrement importante en formation continue avec l’ouverture de deux nouveaux mastères.

1. Recherche

1.1 Bases de données, architecture documentaire et multimédia

Les recherches de ce groupe s'inscrivent dans le renouveau d'activité observé partout autour de l'informatique documentaire avec le développement du Web. Très liée au Web, elle se situe dans un monde en développement extrêmement rapide, mais il semble que les créneaux choisis permettent un peu plus de sérénité que certains plus liés à l’évolution même du Web.

Les travaux sur les méta-indexeurs, par exemple, s'inscrivent dans un courant de pensée moderne. Ceux présentés semblent de qualité internationale, bien que le groupe manque d'articles et d'indications plus concrètes. C'est un monde où on publie peu ; on fait un produit, on le met en ligne, et on mesure son usage par la communauté internationale. C'est cette mesure qu'il conviendrait de donner.

Une mention pour les diverses recherches sur la sémantique du français aux fins, soit de reformulation d'une question à un indexeur, soit de création automatique de liens hypertextes dans un grand corpus. A ce dernier titre, l'action Admi.net est un choix particulièrement intéressant puisque le style et la sémantique des textes considérés sont assez contraints, permettant d'atteindre des efficacités impressionnantes. On doit noter aussi la création du "push", c'est-à-dire d'un système de sélection d'informations dans le Web, sur la base de domaines d'intérêt spécifiés par les utilisateurs, et envoyer à ceux-ci de manière automatique. Il semble qu’il y ait peu de recherches universitaires sur ce problème, pourtant très actuel.

Le projet FIM (Fonds Interministériel d’Intervention) est une très belle synthèse de plusieurs axes de recherche de l'équipe. Il a produit Admi.net qui est un outil irremplaçable.

Une digression sur Admi.net : il n'est pas choquant que l'Ecole des mines de Paris, établissement public de l'Etat, consacre des moyens (significatifs) à une opération qui, au-delà de son indéniable contenu de recherche, comporte une lourde part de service public. La réalisation parle pour elle-même. Il reste donc à faire reconnaître par le Secrétariat Général du Gouvernement que nul ne propose mieux en France sur ce sujet, et qu'il convient donc qu'il aide cette activité.

Les autres activités d'hébergement de sites "amis" pose une question de légitimité plus difficile. L'Administration peut-elle se substituer aux hébergements commerciaux ; si oui, quand ? pour qui ? Pour elle même, elle peut sûrement ; mais pour d’autres sites, la question se pose. Elle se pose bien sûr pour tous les établissements publics.

1.2 Multimédia musical

Cette activité n’a été présentée que par une mention rapide. Elle s'inscrit dans une problématique d'enseignement à distance, et devrait donc être concernée par la réflexion globale des Ecoles des Mines (fortement suggérée par le groupe d'audit) sur leur activité d'enseignement multimédia.

1.3 Analyse statique de code, optimisation et réingénierie de codes scientifiques

Cette activité a donné lieu en 1997 à une thèse qui a obtenu le prix Le Chatelier, prix de la meilleure thèse de l’Ecole des mines de Paris, reconnaissant l'excellence scientifique de l'équipe au sein de laquelle elle s'est déroulée. Un membre du groupe d'audit était membre du jury, rapporteur de cette candidature. Il n'a pas de motif de se dédire.

On observe que l'équipe a décidé de s'appuyer sur ses compétences reconnues en analyse statique de code pour renouveler sa problématique. C'est bien. Une analyse des titres (sinon des contenus) des communications récentes montre un intérêt pour la compilation de HPF. C'est sûrement le meilleur endroit où faire implémenter des idées issues des recherches de ce groupe. On peut toutefois se demander qui, dans l'industrie française, est en position de vendre un compilateur HPF. C'est une grosse difficulté de la recherche en compilation en France. Produire un compilateur complet ? Ce serait un effort hors de proportion avec la taille de l'équipe. Travailler hors de tout espoir de débouché industriel ? C’est travailler pour la concurrence, et peut conforme à l’idéal de recherche des Ecoles des Mines.

En tout état de cause les trois articles soumis au groupe d'audit sont de haute qualité. L'article de International Journal of Parallel Programming est cité dans le serveur du CRI avec les communications à des congrès, donnant l'impression fausse que le centre n'a pas eu d'article de revue en 1996.

2. Production scientifique

Le serveur du centre ne donne que les publications de 1996 ; c’est une période trop courte pour parler de taux moyen de publication. Avec un article de revue et quatre communications dans des congrès internationaux, l'équipe d'analyse statique de code publie normalement. L'autre équipe semble frappée de trop de modestie.

Les réalisations logicielles de l'équipe d'architecture documentaire et multimédia parlent pourtant pour elles-mêmes. Admi.net est un produit impressionnant, si on sait que les hyper-liens (directs et inverses) ont majoritairement été générés automatiquement (et non par des armées d'esclaves indexant à la main.) Les autres produits n'ont pas pu être montrés ; mais le moteur SPIRIT n'est-il pas à l'œuvre dans le projet FIM ? Ce qu'on en devine par l'information un peu parcellaire dont le groupe a pu disposer est favorable.

PIPS est une très belle réalisation, connue comme telle dans la communauté scientifique française au moins.

Enfin, le niveau de ressources contractuelles du CRI couvre ses dépenses, assez importantes (par héritage d'une situation ancienne.) Tout ceci est très positif.

3. Formation

3.1 Cycle de formation initiale des ingénieurs

Le centre a la responsabilité de l’option systèmes d’information et de l’option ingénierie informatique. Il doit nécessairement être impliqué dans des cours de tronc commun et les enseignements spécialisés, mais tant le serveur Web que la présentation orale sont assez discrets sur ce point. Concernant le serveur et le rapport d'activité du centre, on voudrait plus de détails.

Le responsable du centre fait néanmoins remarquer que 50 % des ingénieurs titulaires sortis l'an dernier ont été recrutés en informatique, sans avoir fait une option informatique la plupart du temps. On imagine que cela attire quelques élèves dans les enseignements spécialisés.

3.2 Mastères

Le groupe d’audit a été très favorablement impressionné par les deux nouveaux mastères qui lui ont été présentés. La réflexion qui a présidé à leur création paraît particulièrement pertinente. Bien que la formation n'entre pas dans le champ de l'audit, le groupe d’audit tient à souligner l'intérêt de cette démarche, pour l’école et pour l'industrie nationale.

4. Synthèse

Le CRI fait un travail très intéressant dans ses deux équipes. Si certaines questions de principe peuvent être posées pour la partie la plus "service" de l'activité autour du Web, cela n'obère pas la qualité des recherches sous-jacentes. Du côté de l'analyse statique et de la parallélisation de code, le produit PIPS a acquis une notoriété enviable, témoin du niveau international des recherches menées.

Le rapport d'activité et le serveur Web du centre sont insuffisamment complets, empêchant d'en dire beaucoup plus.

Enfin, ceci est peut-être l’endroit où mentionner un petit étonnement du groupe d’audit sur l’absence de communication entre l’équipe du CRI qui travaille sur l’indexation du Web et l'équipe parisienne du CMA qui travaille sur le même sujet (voir infra.) Sans suggérer une impossible fusion, on pourrait imaginer plus de fertilisation croisée.

Centre d'Automatique et Systèmes (CAS)

 1. Recherche

Le CAS n'est pas structuré en équipes mais en domaines de recherche, chaque permanent appartenant principalement à un des axes (voire deux) mais participant aussi à d'autres. Ceci donne une très grande richesse et homogénéité aux travaux présentés devant le groupe d’audit.

1.1 Systèmes plats

Le nom de cet axe de recherche est "commande et filtrage". L'invention de la platitude différentielle est due à Michel FLIESS, conseiller du centre, Jean LEVINE, Philippe MARTIN et Pierre ROUCHON.. Mais c'est, de notoriété publique, l'équipe du CAS qui en a montré la richesse dans les applications et l'a étendue à de nouvelles classes de systèmes comme des systèmes en dimension infinie. Ces applications ont valu au CAS, outre des contrats, la célébrité.

1.2 Le robot 2kp

Le robot 2kp mérite un petit développement particulier. Il s'inscrit principalement dans l'axe de recherche ci-dessus en ce que la méthode de commande utilisée est la platitude.

La plupart des investissements en matériel de démonstration consentis par les laboratoires d'automatique (ou productique) ces dernières années étaient conçus pour convaincre les utilisateurs (i.e. les industriels), plus encore que pour tester des méthodes de commande. Dans cet esprit, on a vu le plus souvent des maquettes de systèmes industriels (typiquement : les plates-formes visitées lors de l’audit à l’Ecole des mines d’Alès et à l’Ecole des mines de Nantes.) Ici rien de tel : le robot équilibriste ne ressemble en rien à un système industriel, au moins au niveau des apparences physiques.

Le texte qui suit est signé du membre automaticien du groupe d’audit. La conclusion est adoptée par le groupe d’audit.

"Aucune des démonstrations faites sur des plates-formes d'apparence industrielle ne paraissent totalement hors de portée de l'automatique que j’enseigne classiquement. Certes, on voit des améliorations, des optimisations. Avec le robot 2kp, on change de monde ; l'automatique enseignée est résolument incapable de faire faire à ce robot ce qui a été montré au groupe d’audit, a fortiori de le faire faire en appliquant une méthodologie standard et non par des "bricolages" ad hoc liés à ce problème particulier. C'est d'autant plus difficile que le robot a été réalisé au moindre coût, donc avec de